Turkish View on Alleged Armenian Genocide

[ Anadolu .. 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 .. ] Intégration, amitié, provocation / Bruxelles Avril 2005



[ Anadolu .. 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 .. ] Intégration, amitié, provocation / Bruxelles Avril 2005


     Nous nous concentrons, par nos questions, sur les "problèmes" de la communauté tout en constatant, en visitant leurs maisons et leurs églises, que sur le plan personnel, leur soucis ne diffèrent guère de ceux des Turcs.      "Notre plus grand problème collectif provient du fait que nos fondations ne peuvent recevoir de subsides. Il est désormais permis, grâce aux nouvelles lois qui ont été votées, aux fondations de recevoir des biens mais cela s'avère difficile dans la pratique. On verra ce que cela donnera avec le temps."     "C'est les mentalités qui doivent changer" dit-elle, non pas dans leur rapport aux individus mais aux "institutions" des minorités, vis-à-vis desquelles des hésitations persistent, liée à une peur de les voir trop se renforcer.      Des besoins se font ressentir à l'égard de nouveaux prêtres, des séminaires pour religieux ainsi que pour des professeurs d'arménien, pour des écoles pour former les enseignants...      "Nous avons demandé que soit créé, au sein d'une université turque, une section où l'on pourra enseigner l'arménien et la religion. Nous en discutons actuellement avec les autorités. On note une évolution dans le sens où il est des problèmes qu'on ne pouvait pas formuler auparavant, or maintenant on en parle ouvertement. Nous avons de très bons rapports avec le gouvernement et les institutions étatiques ; dès qu'un problème se pose, on le formule et on cherche des solutions conjointement."      Luiz Bakar nous explique que la communauté arménienne de Turquie, qui comprend approximativement 70.000 personnes, se mélange de plus en plus, tout particulièrement depuis les quinze dernières années. Des relations avec les journalistes, les professeurs se créent... "Cela va nettement mieux" dit-elle , "maintenant la communauté est plus ouverte sur l'extérieur. Tout le monde a des amis dans la sphère de la vie privée. Désormais les gens nous connaissent, or, par le passé, quand on se qualifiait d'"Arméniens ", nul ne comprenait ce que nous voulions dire. Ils croyaient que c'étaient des êtres differents. De nos jours nous nous mélangeons, nous faisons des choses ensemble -des sorties, des concerts et des repas en commun- et nous tentons d'expliquer qui nous sommes.
     Des tragédies et des drames ont eu lieu dans le passé mais il s'agit de regarder l'avenir et de normaliser les relations avec l'Arménie: "Si vous remontez dans l'histoire, vous cons-tatez qu'il y a eu des peuples qui se ont entretués mais qui se sont réconciliés par la suite."     La surenchère qui entoure les questions de "génocide" et de "massacres mutuels" dérangent visiblement les Arméniens de la Turquie. Pour leur part, ils sont à la recherche de solutions basées sur le dialogue. "Il faut se parler plus pour se connaître et pour mettre fin aux hostilités."     "J'ai un grand nombre d'amis Français qui aiment beaucoup la Turquie et les Turcs. J'ai été le vecteur pour leur faire découvrir et aimer le pays. Les citoyens d'Europe occidentale méconnaissent les Turcs comme les Arméniens. S'ils font le voyage jusqu'ici, ils verront que le Turc n'est pas celui qu'ils s'imaginent, que c'est un homme qui leur ressemble, qu'un Turc est semblable à un Français. Qu'ils sont gentils, fondamentalement bons, très serviables, hospitaliers, et qu'on peut avoir confiance en eux, s'en faire de fidèles amis."     En dernière instance, Luiz Bakar en appelle aux Turcs à mettre en oeuvre les réformes votées sur le plan
législatif, ainsi qu'à chercher à mieux connaître et comprendre les minorités arméniennes, juives et grecques du pays. Et elle exhorte à son tour les Européens à soutenir davantage la Turquie et les Turcs, et à ne pas les décourager dans leur efforts d'adhésion à l'Union européenne.q     "Mentalities should change" she said, not in the relations between individuals, but concerning the minorities' "institutions" for which reservations remain due to the fear of seeing them grow too strong.       New needs have appeared for new priests, seminars for the religious, Armenian teachers, as well as schools to train future teachers…
     “We have requested the creation, within a Turkish university, of a department where Armenian language and religion could be taught. We are currently discussing about it with the authorities. We have seen progress as we can now talk openly about certain issues which we could not before. We maintain excellent relations with the government and the state institutions; as soon as a problem arises, we discuss and search for a solution together."      Luiz Bakar explained that the Armenian community in Turkey, which encompasses 70.000 people, mix more and more, particularly for the past fifteen years. New relations with journa-lists, professors have been established… "Things are going much better" she said "now that the community is more open to the outside world. Everybody has friends in their private life. Nowadays, people know us better, whereas in the past, when we would call ourselves "Armenian", nobody would understand what it means. They would think that we are different beings. Nowadays, we mix with others and do many things together: we go out, we go to concerts, and have meals together. And we try to explain who we are.”
      Tragedies and dramas took place in the past but one should turn to the future and norma-lize the relations with Armenia : "If you go back in History, you will see that there were people who killed each other but then made peace."     The escalation about the issues of genocide and mutual massacres clearly disturbs the Armenians of Turkey. For their part, they are looking for solutions based on dialogue. "We must communicate more in order to know each other better and stop the hostilities."     "I have many French friends who like Turkey and the Turks a great deal. I have played an active role in making them know and love the country. The citizens of Western Europe misjudge the Turks and the Armenians. If they travel to Turkey, they would see that the Turks are not as they imagine them to be, that they are like them, that a Turk is similar to a French person. Turks are friendly, genuinely good people, very helpful, welcoming, trustworthy and faithful friends."      Finally, Luiz Bakar calls for the Turks to implement the reforms voted at parliamentary level, and to try to understand and know better its Armenian, Jewish and Greek minorities. She also calls for the Europeans to give more support to Turkey and the Turks and not to discourage them in their efforts to join the European Union.q