Turkish View on Alleged Armenian Genocide

[ Anadolu .. 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 .. ] Plaidorie de Maître Jean Loyrette (Proces d'Orly) 1985



[ Anadolu .. 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 .. ] Plaidorie de Maître Jean Loyrette (Proces d'Orly) 1985


6 ou 8, une carte où sont indiqués, par des flèches, les itinéraires suivis par les convois d'Arméniens déplacés. Il faut remarquer que ce déplacement a eu lieu à l'intérieur des frontières de l'Etat, vers le sud-est d'un même pays. Il ne s'agit donc pas d'une déportation dans le sens que ce mot a acquis au cours de la deuxième guerre mondiale.
ü M. Zavarian remarque que les Alle-mands non plus n'utilisaient pas le mot "déportation'' tout en déportant des millions de Juifs pour les exterminer.
ü Prof. Soysal: Je vois bien ce qui est visé par cette remarque. Le scénario des procès précédents se répète ici aussi. Je suis sûr que le prochain pas sera de mentionner la fameuse phrase attribuée à Hitler au début de la deuxième guerre mondiale : "Après tout, qui se souvient aujourd'hui de l'extermination des Arméniens?" Or, il a été démontré par la suite, surtout par un chercheur américain, Heath Lowry, qu'Hitler n'a jamais prononcé cette phrase qu'un journaliste anglais lui avait attribuée. Et les documents acceptés par le Tribunal de Nuremberg ne contiennent pas une telle phrase. Le seul témoignage où on y fait allusion n'a pas été accepté comme document de bonne foi par ce tribunal international. Il est à remarquer qu'il y a un effort continuel de propagande arménienne dans ce sens afin de mobiliser l'opinion publique juive du monde contre la Turquie et de provoquer une condamnation univers-elle en mettant les Turcs et Hitler dans le même panier.
ü Maître Zavarian fait allusion à la demande de pardon officiel que l'Etat Fédéral allemand a faite au nom du peuple allemand et a l'effet positif de ce geste sur les relations entre l'Allemagne et Israël.
ü Prof. Soysal: Voilà encore un exemple qui montre bien le but ultime de Ia cause arménienne et de ses terroristes: forcer les gouvernements turcs à ac-cepter l'existence d'un soi-disant "gé-nocide" et, partant de là, les obliger à payer des indemnités à une entité arménienne fictive comme ce fut le cas entre l'Allemagne et l'Etat d'lsraël. C'est une pure fantaisie, et aucune violence, aucune terreur au monde ne nous fera demander pardon pour un crime qui n'a pas été commis. Israël n'est pas un bon exemple dans ce cas et le parallèle n'est pas acceptable. Mais en parler sérieusement et pousser les diverses communautés arméniennes du monde dans la voie d'un rêve irréalisable, ce n'est pas une attitude très honnête envers le peuple arménien.
ü Maître Zavarian, apres avoir lu un extrait du journal "Le Monde" où une dépêche d'Ankara mentionne une ph-rase du Premier Ministre Turgut Özal sur la nécessite d'une nouvelle attitude dans l'affaire arménienne, demande si l'on peut parler d'un changement de la politique officielle turque en ce qui concerne la responsabilité du "génocide". Il trouve que le Professeur Soysal, en tant que juriste spécialiste de ces questions et ayant certainement défendu plusieurs fois le Gouvernement turc devant de telles instances, doit être en position de répondre à une telle question.
ü Prof. Soysal: Cette remarque me rappelle la fameuse fable de La Fontaine : "Le corbeau et le renard". Par des tournures astucieuses, on veut me faire tomber de la bouche des mots qui relèveraient d'une mission officielle et qui me feraient apparaître comme un porte-parole du gouvernement. Je ne suis le porte-parole de personne. Je parle ici en tant qu'universitaire et journaliste et c'est la première fois que je témoigne dans un procès de terroristes arméniens. Ce que le Premier Ministre a pu dire sur le sujet ne m'engage en rien. Il a d'ailleurs fait d'autres remarques par la suite. Ce que je dis personnellement, en ma qualité de témoin d'autorité devant ce tribunal, est bien clair : je dis qu'il faut accepter l'histoire telle qu'elle est, restituer les faits tels qu'ils ont été vécus mutuellement par les deux peuples et que nous, Turcs, nous n'avons rien à craindre d'un tel affrontement, puisque l'accusation d'un "génocide" prémédité et organisé dans le but de détruire l'ethnie arménienne ne résiste pas à l'analyse des faits historiques. Jusqu'à présent, la République turque a préféré ne pas parler de ces faits dans l'espoir d'oublier le passé et de restaurer la paix et l'harmonie sur la terre anatolienne et dans ses relations avec ses voisins. C'est ainsi que dans nos éco-les, nous avons choisi l'oubli et le si-lence tant au sujet des souffrances infli-gées au peuple turc par les Arméniens ou les Grecs que pour les tragédies humaines que tous ces peuples ont vécues ensemble. Ce silence turc a duré soixante-dix ans. Mais les autres ont parlé, en déformant l'histoire, en créant une autre image de vérité historique où nous apparaissons en coupables. Cette image, basée sur les récits d'une seule des parties et les interprétations des milieux hostiles aux Turcs, a fait du chemin et, bien que boiteuse, est allée jusqu'à la contre-vérité. Maintenant il faut restituer la vérité. On nous a forcés à parler, et nous parlerons.
ü Maître Zavarian veut s'informer sur les causes des événements des 6 et 7 septembre 1955 au cours desquels les minorités chrétiennes d'Istanbul ont subi certains dommages matériels à la suite de manifestations anti-grecques à propos de l'affaire de Chypre.
ü Prof. Soysal: Monsieur le Président, je crois pouvoir saisir l'arrière-pensée qui se cache derrière cette question. La défense a l'air de vouloir dire que le Turc, c'est le barbare, le bourreau; il détruit, il tue. Cette description insinuante et avilissante ne correspond pas du tout à la réalité d'un peuple qui peut se vanter d'avoir une des civilisations les plus tolérantes de l'histoire. Les événements comme ceux de septembre 1955 à Istanbul sont fréquents dans le monde contemporain déchiré par les conflits internationaux et par leurs répercussions sur les scènes nationales. Mais isoler un seul fait et en déduire des conséquences pour accuser un seul peuple trahit une mauvaise volonté nourrie de haines historiques. Mais la fraternité des hommes ne sera jamais une réalité si l'on continue ainsi à semer la haine parmi les peuples.
    Merci, Monsieur le Président, de m'avoir donné l'occasion de parler. Cela n'arrive pas souvent. qfrontiers of the State towards the south-east of the same country. There is no question therefore, of a "deportation" in the sense that this word acquired in the course of the Second World War.
ü Me. Zavarian notes that the Germans did not use the word "deportation" while they deported millions of Jews to exterminate them.
ü Prof. Soysal: I can see what is intended by this remark. The scenario of the previous trials repeats itself here too, I am sure that the next step will be to mention the famous phrase attributed to Hitler at the beginning of the Second World War: “After all who remembers now the extermination of the Armenians?". But it has been demonstrated later, especially by an American researcher, Heath Lowry, that Hitler never uttered this sentence attributed to him by an English journa-list. And the documents accepted by the Nurenberg Tribunal do not contain such a phrase. The only document referred to as evidence of this phrase was rejected as a false document by the same international tribunal. It is noteworthy that there is continued effort to mobilize Jewish public opi-nion in the world against Turkey and to provoke a universal condemnation of the Turks by putting the Turks and Hitler in the same basket.
ü Me. Zavarian alludes to the request of official pardon which the Federal Republic of Germany made in the name of the German people and to the positive effect of this gesture on the relations between Germany and Israel.
ü Prof. Soysal: One more example is seen here of the ultimate aim of the Armenian cause and of its terrorists: to force the Turkish governments to accept the existence of the so-called "genocide" and, thereupon to oblige them to pay indemnities to a fictitious Armenian entity, as was the case between Germany and the State of Israel. This is pure fantasy, and no violence, no terror in the world will make us beg forgiveness for a crime that was not committed. Israel is not a good example in this context and the parallel drawn here is unacceptable. But to speak of it seriously, and to push the various Armenian communities of the world in the part of an impossible dream is not a very honest attitude towards the Armenian people.
ü Me. Zavarian having read an extract from the newspaper "Le Monde" where a news item datelined Ankara, mentions a phrase by Prime Minister Turgut Özal on the necessity of a new attitude in the Armenian affair, asks whether one can speak of a change in Turkey's official policy in connection with assuming responsibility for the "genocide". He feels that Professor Soysal, as the jurist specializing in these subjects, and who has defended the policy of the Turkish government at other similar occasions, must be in a position to answer this question.
ü Prof. Soysal: This comment reminds me of the famous La Fontaine fable of the Fox and the Crow. There is an effort to bring out of my mouth words that might indicate an official mission in order to make me appear as the official spokesman for the government. I am not a spokesman for anyone. I am speaking here as an academician and as a journalist and this is the first time that I bear witness in a trial concerning Armenian terrorists. What the Prime Minister may have said on the subject does not engage me in anyway. Anyway, he came up with further remarks on that subject. What I am saying personally in my position as expert witness before this tribunal is quite clear: I say that history must be accepted as such, and facts must be restituted in the same way that they were mutually experienced by the two peoples. We Turks have no-thing to fear from this kind of confrontation since the accusation of a premeditated and organized genocide aiming at the destruction of the Armenian ethnic group cannot stand against an analysis of the true historic facts in this subject. Up to now the Turkish Republic preferred not to talk about these facts in the hope of forgetting the past and restoring peace and harmony on the Anatolian land, and in its relations with its neighbours. It is for this reason that in our schools we chose oblivion and the silence both in the subject of the suffering inflicted on the Turkish people by Armenians and Greeks, and in the subject of the human tragedies that all these people have lived through together. This Turkish silence lasted seventy years. But others have been speaking, and distorting history while doing so, and creating another image in which we appear as the guilty side. This image, based on the accounts of only one of the sides and on the interpretations of the circles hostile towards the Turks, has covered a long distance and even if with faltering steps, reached counter-truths. Now we must restitute the truth. They forced us to speak and we shall speak.
ü Me. Zavarian wishes to be informed of the causes of the events of 6 and 7 September 1955 during which Christian minorities of Istanbul suffered some material damage, as an outcome of anti-Greek demonstrations in connection with the Cyprus affair.
ü Prof. Soysal : Your honour, I think I can detect the ulterior motive behind this question. The defence seems to imply that the Turk is the barbarian, the brute; he destroys, he kills. These insinuating and the degrading description does not correspond in any way to realities of a people who can be proud of creating one of the most to-lerant civilizations of history. Incidents such as those of 1955 in Istanbul are frequent in the contemporary world torn by international conflicts and their repercussions on the national scenes. But to deduce from this some consequences to accuse a single nation portrays bad intentions nurtured by historic hatred. The brotherhood of mankind will never become a reality if one continues to sow hatred among peoples in this
way.
     Thank you, Your Honour, for having given me the occasion to speak. It does not happen often.q