Turkish View on Alleged Armenian Genocide

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ottoman en 1915, demande si ce texte qui, selon lui, témoigne de l'existence d'un génocide, est authentique et aim-erait avoir des explications à ce sujet.
ü Prof. Soysal: Ce télégramme est un faux. Ce qu'on imprime aujourd'hui dans plusieurs livres de propagande est la photo d'une photo et l'original n'existe pas. Parce que l'original était un faux fabriqué par un certain Andonian qui a publié un livre au temps du jugement de Tehlirian, l'assassin de Talât Pacha, à Berlin, en 1921. Le Tribunal de Berlin n'a jamais accepté l'authenticité de ce texte, ni celle d'autres documents publiés dans le livre. Mais la publication a influencé l'opinion pub-lique et l'assassin fut acquitté. Ces do-cuments, qui sont supposés avoir été vendus à M. Andonian par un petit fonctionnaire de l'administration otto-mane, contiennent des notes "signées" par le préfet d'Alep dont la signature, d'après les archives ottomanes, était en vérité tout à fait différente. Il y a aussi des erreurs de date, résultant du fait que le fabriquant des faux n'était pas très versé dans la conversion des calendriers julien et grégorien. Je ne suis pas historien, je le répète, mais je dois signaler que d'autres erreurs relatives au système de chiffre employé pour les dépêches, à l'en-tête des documents ottomans et à d'autres petits détails ont été minutieusement démontrées et publiées par les historiens turcs. De sorte que ces documents ont perdu toute la valeur qu'on leur attri-buait et sont devenus l'exemple même des efforts de falsification perpétués dans l'espoir de déformer l'histoire pour des causes politiques.
ü Maître Bourguet demande pour-quoi, du côté turc, les archives otto-manes ne sont pas ouvertes à l'usage des étrangers pour justement faire échouer de tels efforts et il souligne le refus des autorités turques de soumettre les documents relatifs à la question arménienne à l'examen du Tribunal Permanent des Peuples qui s'est réuni à Paris en avril 1984 pour passer un jugement sur le même problème.
ü Prof. Soysal: Les archives otto-manes sont ouvertes, dans la mesure où leur classification et leur conservation le permettent, à l'usage des sa-vants de toute nationalité et de bonne volonté. Il est bien évident que des précautions sont nécessaires pour sau-vegarder l'héritage du passé, surtout quand il s'agit d'une question aussi discutée. L'étude des archives ottomanes, qui contiennent des millions de documents, dans une langue et une écriture difficiles, demande une expertise extraordinaire. Ce qui en a été publié par le nombre restreint d'experts turcs de la question arménienne a déjà prouvé juste le contraire de ce qui a été pro-pagé pendant longtemps. La Turquie a donc tout intérêt, contrairement à ce que l'on pense, à ouvrir les archives ottomanes à l'étude des milieux d'érudition. Quant au Tribunal Permanent des Peuples, je crois que les autorités turques sont prêtes à envoyer les documents officiellement requis par les tribunaux légalement constitués. Par ex-emple, cette Cour d'Assises peut de-mander l'envoi d'un document ou d'un avis officiel et cette demande sera certainement satisfaite avec promptitude. Mais comme le Tribunal Permanent des Peuples est un tribunal d'opinion, constitué par des individus à titre privé, quelles que soient leurs compétences intellectuelles, je pense que les autorités turques se sont abstenues d'entrer en contact officiel avec une telle organisation qui, à leurs yeux, risquait de servir d'instrument de propagande pour la cause arménienne.
ü Maître Zavarian, se référant aux huit siècles de coexistence pacifique entre le peuple turc et les Arméniens et aux caractéristiques de la communauté arménienne décrites par le Professeur Soysal, essaie d'opposer ce qu'il appelle: le côté "paysan" des Turcs au "sens artistique" des Arméniens et d'en tirer certaines conséquences pour l'analyse du problème.
ü Prof. Soysal: Je n'ai pas fait de comparaison en louant les qualités du peuple arménien. Si par une telle tentative d'analyse, on veut dire que le Turc, moins raffiné que son voisin Arménien, serait plus poussé à des actes de violence, il y a là une insinuation que je rejette avec indignation. Je ne peux pas permettre qu'on insulte mon peuple.
ü Maître Zavarian demande alors ce que signifie la date du 24 avril 1915 pour les Turcs.
ü Prof. Soysal: Tout d'abord, permettez-moi, Monsieur le Président, de préciser ce que signifie cette date pour les défenseurs de la cause arménienne. Pour eux c'est Ia date du commencement du "génocide", donc une date qu'il faut commémorer tous les ans. Ils désirent que tous les peuples se souviennent de cette date parce qu'elle mar-que le début d'une série de crimes contre l'humanité.En réalité, que s'est-il exactement passé à cette date? C'est le jour où le Gouvernement ottoman a donné l'ordre d'arrêter les dirigeants des comités révolutionnaires arméni-ens et de les traduire devant les tribu-naux militaires pour acte de trahison.
ü M. Zavarian, précisant que 650 intellectuels arméniens, écrivains, po-ètes, médecins, avocats, savants, prêt-res et hommes politiques avaient été emprisonnés à cette date à Constanti-nople, puis déportés et assassinés, demande si ce n'est pas là une preuve de génocide.
ü Prof. Soysal: D'abord, ce n'est pas Constantinople, mais Istanbul, nom que les Turcs ont toujours donné à cette ville. Ensuite, les intellectuels arméniens n'ont pas été arrêtés parce qu'ils étaient des intellectuels ou des arméniens, mais simplement parce qu'ils étaient des dirigeants de comités qui avaient donné un ordre de révolte et de collaboration avec l'armée russe à la population arménienne des pro-vinces de l'Est. Pour le gouvernement d'un pays en guerre, faisant face à une menace d'invasion, agir de façon différente eut été impensable. Ces diri-geants n'ont pas été assassines mais simplement transférés à l'intérieur du pays, dans les provinces de l'Anatolie centrale. Que certains d'entre eux aient été juges et aient payé de leur vie une trahison intolérable en temps de guerre ne constitue certainement pas la preuve d'un génocide.
ü Maître Zavarian demande les lieux où furent transférées les populations arméniennes des provinces de l'Est.
ü Prof. Soysal: Ce livre jaune auquel vous vous référez souvent tout au long de ce procès et qui, sous le titre de "Le Crime de Silence", contient tous les rapports soumis au "Tribunal Perma-nent des Peuples", je l'ai aussi, dans ma poche. Vous y trouverez, à la page telegram, attributed to Talat Pasha, Minister of Interior of the Ottoman government, in 1915, and asks if this telegram, which according to him is evidence of the existence of genocide, is authentic and would like to have explanations on this subject
ü Prof. Soysal : This telegram is a false one. What is being published nowadays in several propaganda books is the photograph of a photograph and the original does not exist. Because the original was a false one fabricated by a certain Andonian, who published a book at the time of the trial of Tehlirian, the assassin of Talat Pasha, in 1921, in Berlin. The tribunal of Berlin never accepted the authenticity of this text, nor that of other documents published in the book. But its publication influenced public opinion and the assassin was acquitted. These documents which were supposedly sold to Mr. Andonian by a low-ranking employee of the Ottoman administration contains notes "signed" by the Prefect of Aleppo whose real signature, as appears in the Ottoman archives, in no way corresponds to the one on the false document. There are also errors of date resulting from the fact that the person who fabricated the false documents was not well informed in the Conversion of the Julian and Gregorian calendars. I repeat, I am not a historian, but I must note that Tur-kish historians have meticulously de-monstrated and published other errors relating to the ciphers used in tele-grams and to the headings of the documents, so that these documents have lost all the value attributed to them. They have in fact become examples of falsification perpetuated in the hope to distort history for political causes.
ü Me. Bourguet asks why the Turkish side does not make available to foreigners the ottoman archives in order to disprove the accusations, and underlines the Turkish authorities reluctance to submit documents relating to the Armenian question to be examined by the Permanent Tribunal of Peoples which met in Paris in 1984 to make a judgement on the same problem.
ü Prof. Soysal: The Ottoman archives are open, to the extent that their classification permits, to scholars of good will, of all nationalities. It is obvious that some precautions are required to safe guard the past heritage, especially in the case of such a controversial problem. The study of Ottoman archives, containing millions of documents in a difficult language and writing requires an extraordinary amount of expertise. What has just been published from out of these by a limited number of experts already proves exactly the opposite of what has been propagated for a long time on this subject. Turkey therefore has immense gain, contrary to what some are thinking by openning its Ottoman archives to the use of scholars. As to the Permanent Tribunal of Peoples, I think that the Turkish authorities are ready to send officially requested documents by legally constituted tribunals. For example, this Court of Assises can request the Turkish authorities to send a document or an official notice and this request will certainly be promptly met. But since the Permanent Tribunal of the Peoples is a tribunal of opinion, constituted by individuals of private status, whatever their intellectual competence may be, I think that the Turkish authorities have abstained from making official contacts with this organization which, in their eyes, risks becoming an instrument of propaganda for the Armenian cause.
ü Me. Zavarian referring to eight centuries of peaceful coexistence between the Turkish people and the Armenians and to the characteristics of the Armenian community as described by Professor Soysal, tries to contrast what he calls the "peasant side" of the Turks to the "artistic sense" of Armenians and to draw some conclusions from this for the analysis of the problem.
ü Prof. Soysal: I did not make any comparisons in praising the qualities of the Armenian people. If by such a tentative analysis what is meant is that the Turks, less refined than their Armenian neighbours, would be more inclined towards acts of violence, there is here an insinuation that I reject with great indignation. I cannot allow my people to be insulted.
ü Me. Zavarian asks what the date 24 April 1915 signifies for the Turks.
ü Prof. Soysal: First, allow me, Your Honour, to say precisely what this date means for the Armenian cause. For them it is the date of the beginning of the "genocide", therefore a date that must be commemorated each year. They wish that all the peoples in the world remember this date because it marks the beginning of a series of crimes against humanity.
In reality what did happen exactly on that date? It is the day when the Ottoman government gave the order to arrest the leaders of the Armenian revolutionary committees and to try them before military tribunals for the act of treason.
ü Me. Zavarian noting that 650 Armenian intellectuals, writers, poets, doctors, lawyers, scholars, priests and political personalities were imprisoned on this date in Constantinople, then deported and assassinated, asks whet-her this is not a proof of genocide.
ü Prof. Soysal: First, it is not Constantinople, but Istanbul, the name that Turks have always given to that city. Then, the Armenians were not arrested because they were Armenian intellectuals but simply because they were leaders of committees which ordered the Armenians of the Eastern provinces to revolt against the State and to cooperate with the Russian army. For the government of a warring country threatened with invasion, a different attitude would not have been thinkable. These leaders were not assassinated but simply transferred to the interior regions of the country, into the provinces of central Anatolia. The fact that some of them were sentenced and paid with their lives for treason intolerable in times of war certainly constitutes no proof of genocide.
ü Me. Zavarian asks about the locations to which the Armenians of the eastern provinces were transferred.
ü Prof. Soysal: That yellow book to which you have been referring all through this trial and which is entitled "Crime of Silence" contains all the reports submitted to the "Permanent Tribunal of the Peoples", I also have it in my pocket. You will find in it, on page 6 or 8, a map showing with arrows the itineraries of the relocated Armenians. We must note here that the displacement took place within the