ü Maître Vergès accuse le Professeur Soysal d'avoir donné
l'interprétation "la plus cynique" du "génocide" qui a coûté, dit-il,
la vie à plus d'un million et demi d'Arméniens en Anatolie orientale.
Puis, après avoir lu un passage du livre du Baron de Brouckere,
ministre belge, il demande au Professeur Soysal ce qu'il pense de ces
descriptions dramatiques des événements en question.
ü Prof. Soysal: Il est très facile de choisir de tels passages dans les
livres des auteurs partisans de la cause arménienne. J'aurais pu faire
de même et lire devant vous des pages et des pages dans les livres qui
parlent des massacres des Turcs par les Arméniens dans la même région
du pays. Nous aussi nous pouvons faire parler les chiffres. Ces
chiffres tirés des recensements ottomans et confirmés par les rapports
consulaires des grandes puissances européennes montrent que le nombre
total d'Arméniens vivant à l'intérieur des frontières de l'Empire ne
dépassait pas 1.300.000. Il est donc absurde de parler de "un million
et demi de morts", même dans l'hypot-hèse lugubre d'un massacre qui
aurait frappé tous les membres de la communauté arménienne vivant dans
tous les coins de l'Etat. J'aurais pu de même vous citer des passages
d'auteurs ét-rangers qui donnent une autre version des événements,
version qui n'est pas aussi injuste envers les dirigeants otto-mans.
J'aurais pu vous mentionner le livre d'un officier français, le
commandant M. Larcher, "La Guerre turque dans la Guerre Mondiale",
préfacé par le Maréchal Franchet d'Esperey, commandant des forces
d'occupation al-liées, qui parle du "comportement correct" des
autorités militaires et de la po-pulation turques. Il ne faut pas
oublier que tous ces événements ont eu lieu à une époque ou un grand
empire s'éc-roulait, avec tout le désordre que cela implique. Il y a
certainement eu des administrateurs qui ont abusé de leurs pouvoirs par
excès de zèle. Mais ils ont été punis par les tribunaux ottomans après
la guerre en tant que responsab-les individuels de ces excès et non pas
comme les exécuteurs d'une politique gouvernementale visant le
génocide.
ü M. Vergès, après avoir lu un passage de Lord Bryce sur "la cruauté
des Turcs" et un extrait du livre de M. Mor-genthau, ambassadeur des
Etats-Unis à lstanbul, sur les événements de 1915, demande l'avis du
Professeur Soysal sur ces textes.
ü Prof.Soysal: Monsieur le Président, je viens de dire tout à l'heure
que s'il nous était permis de venir devant vous avec des tas de livres,
nous aurions pu en citer des passages exprimant juste le contraire de
ce qui vient d'être lu. Mais il est vrai que le nombre d'ouvrages
anti-turcs et pro-arméniens est immen-se. On a tout fait pour prouver
l'existence d'un génocide : de faux arguments ont été batis sur la base
de faux documents, des falsifications. Quant a Morgenthau, il faut bien
se rappeler que lui et surtout ses successeurs qui se trouvaient a
Istanbul pendant l'occupation alliée étaient en mesure d'obtenir des
preuves irréfutables pour attester la responsabilité des dirigeants
ottomans dans ledit "génocide". Mais rien n'en fut, même quand les
archives tombèr-ent sous le contrôle des forces d'occupation.
ü M. Vergès, precisant que M. Mor-genthau n'était pas a lstanbul à la
fin de la guerre, cite cette fois le Docteur Lepsius, missionnaire
allemand, et de-mande ce qu'en pense le Prof. Soysal.
ü Prof. Soysal: M. Morgenthau, am-bassadeur dans un pays en guerre, n'a
jamais mis le pied en dehors d'lstanbul et tous ses rapports reflètent
l'information qui lui a été fournie par ses drogmans, la plupart du
temps d'origine ar-ménienne, et les missionnaires. Le Docteur Lepsius
était aussi un missionnaire. J'ai remarqué que, dans le passage qui
vient d'être lu, il mentionne le cas des Juifs de l'Empire ottoman. A
ce propos, permettez-moi, Monsieur le Président, de dire une chose :
bientôtQUESTIONS AND ANSWERS
ü Me. Vergès accuses Professor Soysal of giving "a most cynical"
interpretation of "genocide" which, he says cost the lives of one
million and half Armenians in eastern Anatolia, Then having read a
passage from the book of the Belgian Minister Baron de Brouckere he
asks Professor Soysal what he thinks of these dramatic descriptions of
the said incidents.
ü Prof. Soysal: It is very easy to select similar passages from among a
quantity of books written by the partisans of the Armenian cause. I
could have done the same and read pages, and pages in books that
describe the ma-ssacre of the Turks by Armenians in the same regions of
the country. We, too, can give numbers to speak for themselves. Numbers
taken from Ottoman census figures and confirmed by reports of the
consuls of great powers of Europe, which clearly indicate that the
total number of Armenians living in the Empire at the time did not
exceed 1,300,000. It is therefore absurd to talk of "a million and a
half dead people", even accepting the dismal hypothesis of a massacre
of all the members of the Armenian community in the various regions of
the State. I could have in the same way quoted passages from foreign
authors who give another version of the events, a version which is not
as biased against Ottoman rulers. I could have cited the book of a
French officer, Commander M. Larcher, "The Turkish War within the First
World War" which bears a pre-face by Marechal Franchet d'Esperay who
commanded the forces of the allied occupation army and talks of the
"correct behavior" of the Turkish people and military authorities. We
must not forget that all these events took place in an era in which a
large Empire was falling with all the disorder that such an event
implies.
There were certainly some administrators who abused their powers in an
excess of zeal. But they were puni-shed by Ottoman tribunals following
the war as the individuals responsible for these excessive behaviors
and not as executors of a government policy aiming at genocide.
ü Me. Vergès after having read a passage by Lord Bryce on the cruelty
of the Turks, and an extract from, the book by M. Morgenthau, United
States Ambassador to Istanbul, on the events of 1915, asks the opinion
of Professor Soysal on these.
ü Prof.Soysal: Your Honour, I have just said a few moments ago that if
we were allowed to produce here before you a stack of books, we could
have quoted passages expressing just the opposite of what has just been
read here. But it is true that the quantity of anti-Turkish,
pro-Armenian books is immense. All was done to prove the existence of
an act of genocide on the part of the Turks: false arguments were based
on false documents, and falsifications. As to Morgenthau, we must be
sure to note that both he and especially his successors who happened to
be in Istanbul during the occupation of the Allied Forces had the
possibility to obtain irrefutable proof certifying the responsibility
of Ottoman rulers in the said "genocide". But nothing of the kind
happened, not even after all the archives came under the control of the
occupying military forces.
ü Me. Vergès, notes that M. Morgenthau was not in Istanbul at the end
of the war and mentions this time Doctor Lepsius, German missionary,
and asks what Professor Soysal thinks of him.
ü Prof. Soysal: M. Morgenthau, as ambassador in a warring
country, never set foot outside Istanbul and all his reports reflect
the information supplied to him by his dragomans who were more often
than not, of Armenian origin; and by the missionaries. Doctor Lepsius
was also a missionary. I have noticed that, in the