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 Turkey  La Turquie : Carrefour des Civilisations    La République de Turquie a soufflé les bougies de son 80 ème anniversaire en 2003. L'histoire de ce pays est celui d'un accomplissement remarquable: la construction d'une démocratie durable et laïque sur les cendres d'un empire. C'est aussi un conte passionnant qui débute avec l'héroïsme d'un peuple et d'un leader visionnaire.    Les Turcs de la République, qui ont toujours gardé en mémoire leur point de départ et qui, comme beaucoup de peuples européens, ont lutté pour davantage de démocratie et de libertés, participent aujourd'hui pleinement à l'architecture du monde moderne. Ce peuple regarde son avenir avec beaucoup de confiance malgré l'instabilité politique qui, de temps en temps, dérange. Mais le pays est de très grande taille, il a un potentiel infini et une jeunesse dont certains sont jaloux.      Située dans l'aile sud de l'OTAN, la Turquie continue à avoir une grande importance pour l'alliance occidentale à la création de laquelle elle a contribué. Il suffit de regarder la carte: Outre son importance stratégique, le pays se trouve aujourd'hui au centre des zones économiques, dont certaines n'existaient pas jusqu'il y a peu, qui se recoupent. On citera les pays d'Asie Centrale avec lesquels la Turquie a des affinités non seulement géographiques et économiques, mais aussi culturelles. La Turquie est aussi la plateforme tournante en matière d'industrie et de commerce des Etats riverains de la Mer Noire et du Proche Orient. Et ce qui souligne sa vocation occidentale et sa force économique, c'est l'Union Douanière qu'elle a formée avec l'Union Européenne. La Turquie est en excellente position pour jouer un rôle constructif dans la reconstruction des Balkans, du Caucase et du Moyen Orient.      Le leadership de la Turquie est d'autant plus important qu'elle constitue un exemple, un "modèle" en tant que démocratie laïque, tout en ayant une large majorité de sa population de religion islamique.      Et la Turquie, de par sa composition démographique et son enthousiasme, est toujours une nation extraordinairement jeune. La preuve de sa vitalité est la vitesse à laquelle la nation assimile les reformes et les changements.      Les bougies sur le gâteau du 80 ème anniversaire de cette République laïque brillent avec éclat. Et voici comment tout cela a commencé:La naissance d'une nation      Tout comme les empires Russe et AustroHongrois, l'Empire Ottoman n'a pas survécu aux bouleversements de la Grande Guerre.      A la fin de la guerre, Istanbul était occupée et le sultan n'était plus qu'un homme de paille. Le pays était en ruines, la population épuisée par la guerre et l'Anatolie occupée.     La Turquie a échappé à la destruction totale grâce à l’homme fondateur de la nation moderne. Mustafa Kemal était un jeune commandant brillant qui fit ses preuves sous le feu de l'ennemi en défendant Gallipoli en 1915. En 1919, il rejoignit l'Anatolie pour former et diriger la résistance. Il s'assura le soutient de la population grâce à une série de congrès dans des régions différentes du pays. Il était parmi les premiers dirigeants nationalistes du vingtième siècle qui supprimèrent la souveraineté d'un monarque absolu pour la rendre à la nation, et qui, sans doute, fut parmis ceux qui y réussirent le mieux.Le Père des Turcs     Mustafa Kemal Atatürk, militaire de grande valeur, homme d'Etat réformateur et fondateur de la République de Turquie, a vécu à peine plus d'un demisiècle, 57 ans seulement, mais les tâches importantes et variées qu'il a su accomplir en si peu de temps pourraient remplir plusieurs vies pour le commun des mortels.     Nous pensons (et nous tenons à ce que vous nous compreniez bien) qu'il est important, aujourd'hui plus qu'hier, de bien expliquer l'œuvre de cet homme, Atatürk, "Père des Turcs" , ainsi que les principes laïques de la république turque que personne, à l'intérieur ou à l'extérieur de ce beau pays, ne peut remettre en question. La Turquie aurait pu être aujourd'hui, si elle n'avait pas eu la chance d'avoir ce "Père", une source d'instabilité pour l'Occident. Or, elle est "dans" l'Occident, "malgré" l'Occident.      Nous disons donc "Mustafa Kemal Atatürk".      Il naît en 1881 à Salonique. Fils d'un fonctionnaire ottoman modeste, il choisit la carrière militaire malgré l'opposition de sa mère veuve. Critiquant à chaque occasion l'administration de l'Empire ottoman, il se pose en défenseur de l'idée d'indépendance qui déplait évidemment au sultan.     Première Guerre Mondiale… L'Empire ottoman se range du côté de l'Allemagne contre les membres de l'Entente. En 1915, les flottes françaises et britanniques débarquent dans les Dardanelles. Une des batailles les plus sanglantes de la guerre a lieu. Le colonel Mustafa Kemal, en rassemblant toutes les forces sous ses ordres, met en échec le débarquement. Cet événement sera un tournant dans sa vie. Il est promu général en 1916. Il se bat d'abord contre les Russes, puis contre les Anglais.      La guerre prend fin. L'Empire vaincu, Ýstanbul, Ýzmir et Anatolie envahis…     Mustafa Kemal décide de lutter contre l'occupation et arrive à Samsun, une ville de la Mer Noire, le 19 mai 1919. C'est la date du lever du soleil républicain.   Tout s'accélère…     Mustafa Kemal, après avoir obtenu le soutien de son peuple, le 23 Avril 1920, inaugure la Grande Assemblée Nationale de Turquie. Il déclare au monde entier que la nation turque ne reconnaît pas le traité de Sèvres signé par le sultan. Il met en place une armée et déclenche la Guerre de Libération.      Dès la libération de la Turquie, vers la fin de 1922, Mustafa Kemal abolit le sultanat, complice des forces d'occupation.     Le 29 octobre 1923, la République de Turquie est proclamée par la Grande Assemblée Nationale et Mustafa Kemal en est élu président. C'est le début des réformes républicaines:     Le califat est supprimé.     Le Code Civil est adopté, tout comme le système métrique et le calendrier international.     Une loi votée encourage le port des costumes occidentaux.     L'alphabet latin est introduit. C'est le point de départ d'une vaste campagne d'alphabétisation.