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Merhaba Dolunay Uluç Kýþlalý  Yes to Europe  / Oui pour l’Europe     “Anadolu” is a monthly magazine in Turkish  published in Belgium. This edition is our second special edition in a foreign language. The aim of the first one was to present, in a closer way, the Turkish community living in Belgium. With this second special edition, we would like to discuss about Turkey, its relations with the European Union, the Cyprus issue and what the Turks think about it.     We do not pretend to be objective. We are proeuropeans. We believe in an open, multicultural and secular Europe, to which Turkey belongs to. We are very attached to Europe's democratic and humanist principles. We also consider ourselves as "Kemalists", i.e. we are profondly attached to the secular values of the Republic of Turkey. We struggle for more democracy, human rights, solidarity, understanding and integration.     I would like to underline that the assassination in 1999 of my father, a journalist and Political Sciences Professor, Prof. Ahmet Taner Kislali, by islamist terrorists is at the origin of this magazine. We will not surrender to terrorism, violence and intolerance.     Do not look for someone behind this venture. Neither the Turkish State, the Belgian State nor the EU… Unfortunately, none of them have accepted to subsidize the magazine, giving us therefore a greater freedom of speech. We are aware that certain groups of people, in Turkey and western Europe, would like us not to exist, islamists and integrists of all kind to start with.      We believe that in western Europe, people do not pay enough attention to Turkey and the Turkish people. We also think that Turkey does not speak out enough about its relations with the European Union or speak the same language as its EU counterparts . Many Turkish politicians, diplomats and bureaucrats give the impression that they are in a contineous hibernation. We cannot be proud of them.      Our pride is, in fact, our country of origin, its great potential, its beauty, its ethnical and cultural richness as well as its young, affable, and patient people…     The Turks living in the EU countries, of whom many became citizens of these countries, participate more and more to the political, social and cultural life. This represents a very positive development.     Besides, we know that it cannot be recommended to ask people's opinion about the construction of Europe. However, we did go to Turkey and the Turkish Republic of Northern Cyprus to "listen" and "convey" their population' s point of view. This will certainly help to understand better… for those who really try to do so.     Thus, we noted that Turkish people keep hoping that the Europeans would finally know and understand better Turkey, but, on the other hand, they also remain quite concerned. Concerned, like many Europeans, that the EU struggles to agree on a common foreign policy, defence and its institutions. And concerned about the rise of political extremism in Europe.      Turkey is the only democratic and secular country of the Muslim world. It should be a model that one should try to protect, but not to divide or weaken. The Turks made tremendous progressions towards the EU integration, which surprised the EU politicians. People, more than the politicians, expect the EU to be more sincere and have a more positive and fairer approach.     2004 will be a critical year in terms of EUTurkey relations. We understand that the admission negotiations, as such, are not an end to itself and that the process can be interrupted at any time. It is also clear that integrating a country as large as Turkey would take time, especially since the failure of the Intergovernmental Conference which undermined the EU's internal balance. Turkish people are ready to become, eventually, EU citizens, but equally to move away from this game that has exhausted their patience. For Turkey; this falling apart would not aim to isolate itself but quite the opposite: to become more open to the Other.     While waiting to have a clearer picture, we continue to refuse to join the pessimists' side, and persist to believe that, together, we will  materialize this fantastic project of an enlarged Europe, with the participation of one of its most fascinating countries: Turkey.      "Anadolu" est une revue mensuelle publiée en langue turque en Belgique. Le présent numéro est notre deuxième édition spéciale en langues étrangères. La première avait comme objectif de présenter, d'un peu plus près, la communauté turque de Belgique. Avec cette seconde édition spéciale, nous avons voulu vous parler de la Turquie, de ses relations avec l'Union Européenne, du problème de Chypre et de ce qu'en pensent les Turcs.  Nous n'avons pas la prétention d'être objectif. Nous sommes proeuropéens. Nous croyons à une Europe ouverte, multiculturelle et séculaire dont la Turquie fait partie. Nous sommes très attachés aux valeurs démocratiques et humanistes de l'Europe. Nous sommes également des "kémalistes", parlà même très attachés aux valeurs laïques de la République de Turquie. Nous nous battons pour plus de démocratie, plus de droits de l'homme, plus de solidarité, d'entente et d'intégration.     Et je me permets de souligner ici que l'assassinat, en 1999, de mon père, un journaliste et professeur de sciences politiques, ancien ministre social démocrate, Prof. Ahmet Taner Kýþlalý, par les terroristes islamistes intégristes est une des raisons d'être de cette revue. Nous ne cédons pas devant le terrorisme, la violence et l'intolérance.     Ne cherchez donc personne derrière nous. Ni l'Etat turc, ni l'Etat belge, ni l'UE... Malheureusement, d'aucun a accepté de nous subventionner, ce qui nous permet en revanche une liberté d'expression totale. Nous sommes conscients qu'il se trouve, aussi bien en Turquie qu'en Europe de l'Ouest, certaines fractions qui préféreraient que nous n'existions pas, à commencer par les intégristes et les extrémistes de toute sorte.     Nous pensons qu'en Europe de l'Ouest, on n'est guère à l'écoute lorsqu'il s'agit de la Turquie et des Turcs. Nous estimons aussi que la Turquie ne s'exprime ni suffisamment, ni avec le même langague que ses homologues lorsqu'il s'agit des relations avec l'Union Européenne. Beaucoup de politiciens, de diplomates et de bureaucrates turcs nous donnent l'impression qu'ils sont en hibernation constante. Il n'y a pas de quoi en être fier.     Notre fierté vient plutôt de notre pays d'origine, de son énorme potentiel, de sa beauté, de sa richesse ethnique et culturelle et de son peuple jeune, accueillant, patient...     Les Turcs qui vivent dans les pays de l'UE et qui sont devenus en grand partie des citoyens de ces pays participent de plus en plus à la vie politique, sociale et culturelle. Et c'est une évolution des plus positives.       Nous savons par ailleurs qu'il n'est pas toujours avisé de demander l'avis de l'homme de la rue au sujet de la construction de l'Europe. Nous sommes néanmoins allés en Turquie et en République Turque de Chypre Nord afin d'"écouter" et de "transmettre" les vues des populations. Cela permettra certainement de mieux comprendre... pour ceux qui cherchent véritablement à le faire.   Nous avons ainsi constaté que les Turcs continuent d'espérer que les Européens finiront par mieux connaître et comprendre cette Turquie d'où vient le soleil, mais qu'ils sont par ailleurs inquiets. Inquiets, comme beaucoup d'Européens, de voir que l'Union peine toujours à s'accorder au sujet de la politique étrangère commune, de la défense commune et de ses institutions. Inquiets aussi à la vue de la montée de l'extrêmedroite en Europe.     La Turquie est le seul pays démocratique et laïc dans le monde de l'Islam. C'est un modèle qu'il faut chercher à protéger plutôt qu'à diviser et affaiblir. Les Turcs ont accompli des grands pas sur la voie de l'intégration à l'UE, des pas qui ont surpris les politiciens de l'Union. Les gens, plus que les politiciens, attendent de l'UE plus de sincérité et une approche plus positive et équitable.   L'année 2004 sera décisive pour ce qui concerne les relations entre la Turquie et l'UE. Nous sommes conscients que le fait d'entamer les négociations d'adhésion n’est pas une fin en soi et que le processus peut être suspendu à tout moment. On sait aussi qu'il faut du temps à l'UE pour absorber un pays aussi vaste que la Turquie d'autant plus qu'on note, depuis l'échec de la Conférence Intergouvernementale, à quel point l'équilibre dans l'UE s'est précarisé. Les Turcs sont prêts tant à devenir, à terme, membres de l'UE qu'à se distancier de la scène de ce jeu qui aura trop lassé. Mais cette distanciation ne visera pas à se renfermer  sur soi, mais bien au contraire : à s'ouvrir d'autant plus à l'Autre.     En attendant d'y voir plus clair, nous continuons à refuser de nous ranger auprès des pessimistes et nous continuons à croire qu'on parviendra ensemble à finaliser ce magnifique projet de l'Europe élargie avec la participation de l'un de ses plus fascinants pays : la Turquie.