Que pense Sa Majesté le Roi sur les 40 ans de présence turque en
Belgique? On a voulu le savoir. Comme on sait qu'il n'accorde pas
d'interview mais qu'il s'exprime à l'occasion des célébrations, nous
nous sommes adressés au Palais. On ne nous a pas dit que Sa Majesté
n'en pensait rien, mais on nous a dit qu'il ne pouvait pas le dire,
apparemment parce que nous sommes des journalistes. (Comment peut-on
transmettre un message plus facilement que par la voix de la
presse?) Enfin, on ne discute pas avec un
bureaucratie aux règles rigides qui fait le mur entre un souverain et
ses sujets. Dans ce cas, nous ne pouvons que remercier.... le Président
de la République de Turquie, M. Ahmet Necdet Sezer qui, lui, pour la
première fois depuis qu'il est en fonction, a accepté de recevoir une
journaliste, en l'occurrence notre rédactrice en chef, pour transmettre
ses messages à l'occasion de 40 ème année des turcs en Belgique. Son
geste a touché toute la communauté. Ceci dit,
nous avons le moyen de donner une idée de ce que Sa Majesté le Roi et
Madame la Reine pensent des Turcs et ce que les Turcs pensent d'eux. Il
suffit de regarder ces photos prises pendant leur visite à la "Petite
Anatolie", visite qui ne date que de quelques
mois. Un conseiller communal à Saint Josse,
Halis Kökten avait écrit une lettre au Palais en sollicitant "une
visite à la Petite Anatolie", une tranche de quartier entre Schaerbeek
et St. Josse. Il disait, dans sa lettre: "Sir,
Madame, Votre visite nous encouragerait à approfondir le respect dû à
Vos égards et Vous prouvera notre volonté d'intégration afin d'assumer
nos pleins devoirs de citoyenneté en notre Royaume de
Belgique." Le Bourgmestre de St-Josse, Jean
Demannez soutenait "l'initiative de la communauté turque de St. Josse
et de Schaerbeek" par une lettre envoyée au Palais.
Bernard Clerfayt, le Bourgmestre de Schaarbeek
faisait de même en écrivant au Roi et à la Reine
ceci: "Sire, Madame. Depuis quelques années, un
projet visant à mettre en évidence l'intégration de la communauté
turque a été lancé dans le quartier de la chaussée de Haecht à
Schaerbeek et également à Saint-Josse-ten-Noode. Il s'agit du projet
baptisé "Petite Anatolie". Ces derniers mois la communauté turque s'est
de plus en plus ouverte et impliquée dans le processus démocratique de
notre pays, notamment lors des dernières élections communales. Il
s'agit donc d'un enjeu important. C'est la raison pour laquelle
j'appuie bien volontiers la demande exprimée par Monsieur Halis Kökten,
conseiller communal à St. Josse… " L'initiative
était bonne. Le Roi et la Reine sont venus à la Petite Anatolie. Voilà
ce qu'en pense celui à qui on doit l'événement, M.
Kökten: "Après 40 ans de présence en Belgique,
nous constatons une réelle volonté d'intégration de la part de la
communauté turque. C'est la première fois en 40 ans que l'on s'est
mobilisé en grande nombre et avec autant d'enthousiasme pour assister à
la visite de la famille royale. Le 5 septembre 2002, plus de 8000
personnes étaient en effet rassemblées sur la Chaussée de Haecht
pour accueillir nos souverains... Nous nous souvenons aussi du défunt
roi Baudouin qui s'était rendu sur les lieux du drame de l'incendie de
1982 à Saint-Josse (16 morts) et avait partagé la douleurs des
familles turques. Les évènements montrent bien combien la population
turque a envie de s'intégrer ou d'assumer une pleine citoyenneté et de
participer à la vie active de la Belgique. Je remercie nos souverains
pour leur visite qui a renforcée ce sentiment au sein de notre
communauté..." Quant à nous, nous avons publié dans
"Anadolu" une lettre ouverte en français:
Merci, Sa Majesté le Roi des Belges et Madame la Reine, d'être venus à
la "Petite Anatolie". C'était très
sympathique!.. Votre visite a été l'occasion de
vous faire remarquer que nous sommes très actifs, surtout ces dernières
années, sur la voie de l'intégration. Nous
avons (enfin) compris certaines choses sur lesquelles nos amis belges
sont (enfin) d'accord avec nous: Notre
bonheur, notre bien-être, notre réussite commune passe par
l'intégration (et non pas par l'assimilation). Nos bourgmestres nous
disent: "Apprenez bien le turc, votre langue maternelle, pour mieux
apprendre le français ou le néerlandais. Ne vous éloignez pas trop de
votre culture, pour nous enrichir et pour mieux la partager avec nous."
On a enfin compris l'importance de la
dialogue. Nous apprenons de plus en plus et nous sommes ravis de voir
que les Belges font plus de recherches sociologiques pour mieux nous
connaître et surtout, pour mieux nous situer par rapport à
d'autres. Il y a trente ans, nous avions une
dizaine d'étudiants dans les universités en Belgique. Aujourd'hui, il y
en a des centaines, et bientôt, il y en aura des milliers. Car notre
approche envers l'éducation évolue avec le temps et ceci, grâce aux
bons résultats de nos efforts d'intégration. Et
puis, si beaucoup d'entre nous optent pour la nationalité belge, c'est
aussi pour être mieux impliqués dans le processus démocratique de notre
seconde patrie qui est la Belgique dont les valeurs démocratiques, le
drapeau, l'unité, la prospérité comptent pour
nous... Les choses s'évaluent agréablement. Il
y a des élus d'origine turque au Sénat belge; dans les collèges et
conseils communaux. Mais savez-vous que bientôt, il y aura des élus
d'origine belge dans la Grande Assemblée Turque? Avez-vous remarqué
qu'il y a de plus en plus d'immigrés belges en Turquie? Savez-vous
qu'il y a des belges qui font des demandes officielles pour obtenir la
nationalité turque afin de mieux s'intégrer et de mieux participer à
l'évolution démocratique du pays? N'est-ce pas
"chouette"? Vous avez dû aussi remarquer, lors
de vos différentes visites dans le pays, la présence de dizaines de
policiers d'origine turque. Ce sont nos enfants, mais aussi les vôtres:
médecins, professeurs, journalistes, soldats, politiciens,
échevins, pompiers, artistes, ouvriers... Ils sont là... Pour
nous servir tous. Tout va de mieux en mieux. Il
est vrai que nous avons des problèmes: l'insécurité, le chômage,
l'intégrisme, le terrorisme, la discrimination... Mais ce sont des
problèmes communs des immigrés et des Belges et on ne peut que
s'épauler pour les combattre.
Merci d'être venus Sa Majesté le Roi et Madame
la Reine.
Nous sommes là depuis quarante ans. Pour la
première fois, nous nous sommes vus de plus près. Peut-être
n'avons-nous pas encore appris la révérence, mais cela nous a fait du
bien. C'est encourageant de savoir que vous êtes à notre écoute. Depuis
votre visite, nous nous sentons mieux, nous nous sentons plus intégrés,
nous nous sentons plus "Belges".q Wat denkt
Zijne Majesteit de Koning over 40 jaar Turkse aanwezigheid in België?
We hadden het graag geweten. Zoals u weet, staat hij geen
interviews toe maar spreekt hij enkel ter gelegenheid van vieringen.
Dus hebben we ons tot het Paleis gewend. Men heeft ons daar niet gezegd
dat Zijne Majesteit er niets over dacht, maar men heeft ons gezegd dat
hij er niets over mag zeggen, blijkbaar omdat we journalisten zijn.
(Hoe kan men een boodschap gemakkelijker overbrengen dan via de stem
van de pers?) Men discussieert echter niet met
een bureaucratie met strikte regels die de muur vormen tussen de vorst
en zijn onderdanen. In dat geval kunnen we slechts de president van de
Republiek Turkije, Dhr. Ahmet Necdet Sezer bedanken die voor de eerste
keer sinds hij in functie is, een journaliste wou ontvangen, onze
hoofdredactrice namelijk, om zijn boodschap naar aanleiding van de
40ste verjaardag van de Turkse aanwezigheid in België over te brengen.
Zijn gebaar heeft de gehele gemeenschap
geraakt. We kunnen u nochtans een idee geven
van wat Zijne Majesteit de Koning en Mevrouw de Koningin denken over de
Turken en van wat de Turken over hen denken. Het volstaat te kijken
naar de foto's genomen tijdens hun bezoek aan "Klein Anatolië", een
bezoek dat dateert van enkele maanden geleden.
Een gemeenteraadslid van Sint-Joost-ten-Node, Halis Kökten had een
brief geschreven naar het Paleis met de vraag of "een bezoek aan Klein
Anatolië", een wijk tussen Schaarbeek en Sint-Joost-ten-Node, mogelijk
was. Hij schreef in zijn brief: "Sire,
Mevrouw, Uw bezoek zou ons aanzetten om ons respect voor U te verdiepen
en zou u onze integratiebereidheid kunnen aantonen zodat we onze
burgerplichten in ons Koninkrijk België kunnen
opnemen". De burgemeester van
Sint-Joost-ten-Node, Jean Demannez onder-steunde het "initiatief van de
Turkse gemeenschap van Sint-Joost-ten-Node, en van Schaarbeek" door een
brief te zenden naar het Paleis.Bernard Clerfayt, burgemeester van
Schaarbeek deed hetzelfde door naar de Koning en de Koningin
hetvolgende te schrijven: "Sire, Mevrouw.
Enkele jaren geleden werd een project gelanceerd in de wijk rond de
Haachtsesteenweg in Schaarbeek en in Sint-Joost-ten-Node, met als doel
de integratie van de Turkse gemeenschap. Het gaat om het project met de
naam "Klein Anatolië".