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Relations UE Turquie Il y a, en Turquie,
beaucoup de gens déçus quant aux relations de leurs pays avec l'UE.
Cette déception est le résultat des efforts et de la réussite des
anti-européens qui ont bien travaillé en Turquie et en Europe de
l'Ouest. Bien installés dans leurs fauteuils, ils sourient, contents
d’eux-mêmes. Si vous demandez l'avis de l'homme
de la rue, du citoyen, il vous dira qu'il y a eu trop d'hypocrisie,
trop de mensonges, trop de coups bas, trop de je m'en foutisme ! (Mais,
est-il d'usage de demander l'avis du citoyen quand il s'agit de
l'UE ?) Il y en a qui veulent toujours croire
que les Européens de l'Ouest finiront par connaître et comprendre la
Turquie d'où vient le soleil. Il y en a qui se
démoralisent en voyant une Turquie incapable de s'exprimer et de se
défendre. Déçus d'Ankara, déçus de
Bruxelles, il y en a qui sont inquiets.
Inquiets pour l'UE, inquiets pour la Turquie… Certains pensent
sérieusement que l'Union Européen ne se trouve pas dans des mains sûres
et compétentes. Ceux-là, pour s'expliquer, montrent le (triste et
décevant) tableau de l'UE pendant la crise d'Irak. Ils pensent que
l'UE, "l'incroyable spectateur de catastrophes lointaines", (lointaines
parce qu'en dehors de l'UE, même si on la vit en Bosnie…) n'a pas
manqué de faire des déclarations destinées simplement à tromper
l'opinion publique. D'autres font remarquer le
désordre de l'UE quant à la défense commune, la politique étrangère
commune, l'élargissement… Et quelques uns
s'inquiètent de la montée de l'extrême droite en Europe.
L’homme de la rue en Turquie a peur que
l'histoire se répète et que l'Ouest réitère les erreurs du passé. Les
Turcs voient bien, par exemple, combien souffre le peuple iranien à
cause de ce régime du Moyen Âge qui a trouvé sa place grâce à ceux qui
ont hébergé et protégé un certain ayatollah Khomeyni avant de l'envoyer
massacrer son peuple. La Turquie est le
seul pays démocratique et laïc dans le monde de l'Islam. Il y en a qui
ne voient plus une UE qui a la volonté d'aider la Turquie à devenir
encore plus démocratique, mais voient une UE inquiète de voir la
Turquie devenir de plus en plus et trop rapidement démocratique, malgré
les pièges ! C'est là que, d'après certains,
"les coups bas" commencent. Il faut décourager la Turquie. Il
faut gagner du temps. Surtout, ne pas la perdre parce que c'est un
marché superbe, parce que les Turcs sont des consommateurs inconscients
qui conviennent parfaitement au système. Que
peut-on faire pour décourager la Turquie et les
Turcs? On vous dira qu'il y a des pays de l'UE
qui sou-tiennent le terrorisme. On vous rappellera que l'assassin
de 30.000 Turcs, un des terroristes le plus connu du monde, Abdullah
Öcalan, s'est fait arrêter (par les Américains) dans une ambassade d'un
pays de l'UE !.. Et que la petite Belgique continue à protéger quelques
assassins tout en sachant et en disant qu'ils sont dangereux pour la
sécurité publique… Et que l'Allemagne continue à protéger, comme elle
peut, comme elle a toujours su le faire, les terroristes islamistes
qui, finalement, ne visent pas que la Turquie laïque et qui vont finir
par exploser dans les bras de ceux qui les
protégent. Que peut-on faire d'autre pour
décourager la Turquie? On peut décourager les
pro-européens turcs.Pour ce, on peut, par exemple, faire des "projets
de résolutions", notamment au Parlement Européen. On n'a qu’à charger
un parlementaire anti-turc et complètement incompétent d’écrire un
rapport sur la Turquie… C'est apparemment ainsi qu'un certain Arie
Oostlander, un chrétien démocrate hollandais a été choisi... pour
décourager les Turcs pro-européens. Dans sa proposition, il considère
que "pour être fructueuse, une réforme de l'État dépendra également de
la mesure dans laquelle le gouvernement turc parviendra à se libérer de
sa peur démesurée du fondamentalisme et du séparatisme montants", il
"prie le gouvernement de faire preuve de plus de décontraction face à
l'Islam et à la religion en général; rejette la sécularisation rigide
qui déclenche des réactions antidémocratiques telles que l'Islam
intolérant…" "Incroyable connerie", vous
dira-t-on, qui n'en fini pas là car ce rapporteur considère que "la
philosophie de base de l'État turc, à savoir le "kémalisme" implique
une peur démesurée de compromettre l'intégrité de l'État turc et
l'insistance sur l'homogénéité de la culture turque (nationalisme)
l'étatisme, le rôle puissant des forces armées, ainsi qu'une attitude
très rigide à l'égard de la religion, faisant de cette philosophie
fondamentale une entrave même à l'adhésion à l'Union européenne…"
Alors, les pro-européens turc se découragent.
Même si le Parlement Européen a fait retirer
toutes ces lignes de la proposition de résolution, ils se découragent
en se disant que cette inconscience, cette incompétence, cette
provocation poussent la Turquie et les Turcs à s'énerver, à s'enfermer,
à chercher l'avenir ailleurs. Ils voient que l'incompétence et
l'incompréhension de certains augmente l'appétit des intégristes et des
extrémistes de toute sorte. C'est d'ailleurs le but caché des vieux
anti-turcs qui sont en fait des anti-européens…
Ainsi, vous pouvez lire dans une dépêche d'AFP que "M. Touran, ministre
des Affaires Etrangers de Vatican, pense que l'entrée de la Turquie
dans l'UE sera problématique…" Ou encore
: "Monsieur Valery Giscard d'Estaing pense que
l'entrée de la Turquie sera la fin de l'UE…"
Les Turcs pro-européens essaient de ne pas se décourager et de ne pas
devenir à la longue, impuissants, à cause de ces coups qu'ils reçoivent
tout le temps, juste en dessous de la ceinture.
Quant à nous, nous croyons sincèrement que la Turquie est l'avenir de
l'UE; l'UE est l'avenir de la Turquie. Il faut
donc penser à l'avenir. Si l'avenir de l'UE se
trouve dans les mains de Valery Giscard d'Estaing ou de Vatican, on
préférera de toute manière rester au dehors.
Comme vous le lirez plus loin, les diplomates turcs pensent qu’il ne
faut surtout pas réagir d’une manière sentimentale.
Remarquez, ils ne disent pas qu’il faut être
réa-liste. Ils disent simplement qu’il faut être
diplomate!.. On peut tout de même penser qu’on
ne voit pas, jusqu’ici, une réussite diplomatique ni de la part
d’Ankara, ni celle de l’UE. On peut tout de
même souligner que les Turcs, voyant leur (ancien) ministre des
affaires étrangères, Ismail Cem, danser le sirtaki avec son homologue
grec, George Papandreou, les ont trouvé vraiment nuls car ils ne
réussissaient même pas faire semblant de s’entendre et de
s’écouter. Il y a besoin de gens plus sérieux,
plus compétents, plus courageux pour arriver à un résultat, si on veut
vraiment y arriver. La diplomatie seule n’y
parviendra pas. On n’y arrivera pas non plus si
on continue à ne pas écouter l’homme de la rue et ses
sentiments. Enfin, en
attendant de voir plus clair, demandons simplement une
chose: Ne tirez pas sur le pianiste… turc