Où en
sont-elles, les femmes turques de Belgique?
C'est une question que nous nous posons souvent: où en
sont-elles, les femmes turques de Belgique? Et nous sommes
toujours à la recherche d'une réponse correcte et honnête.
Nous n'avons pas l'intention de donner
une image faussement positive de la femme turque car elle ne manque pas
de problèmes. Il est vrai qu'elle a obtenu, grâce à Atatürk, ses droits
politiques beaucoup plus tôt que la femme belge. Peut-être était-ce
trop facile. Aujourd'hui, il n'y a pas plus de femmes dans la Grande
Assemblée Nationale turque qu’il n’y en avait dans les années 30…
Situation honteuse! Evidemment, à partir
du moment où il s'agit de la femme, quelle que soit sa nationalité, il
y a beaucoup à dire et à écrire. Nous resterons donc en Belgique et
vous parlerons de la femme turque avec des images simples, réelles et
belles comme les femmes. Vous verrez qu'elles sont malgré tout partout,
parfois même envahissantes. Nous avons déjà
publié des reportages sur “nos” femmes en parlant notamment avec des
sociologues et psychologues. Nous avons déjà constaté qu'une partie de
ces femmes restent renfermées et ce n'est pas nécessairement leurs
propres choix. Il y a un problème qui concerne les "femmes importées".
Il s'agit de jeunes mariées venant de Turquie avec plein d'espoir et
qui se retrouvent souvent confrontées à un milieu très fermé, aux
règles médiévales. Cela existe bel et bien en Belgique ! Et il y a des
ONG qui travaillent sérieusement pour les aider à s'en
sortir. Nous savons aussi que certaines jeunes
filles ont des problèmes de dialogue avec leurs parents mais
apparemment ce n'est pas un cas propre aux Turques encore que dans les
milieux immigrés, les jeunes ont nettement plus de
difficultés. Il faut noter également que la
femme turque est respectée et, disons-le, souvent autoritaire. (Le
“problème” est que non seulement la rédactrice en chef de notre revue
est une femme mais aussi que 80 % de son équipe se compose de femmes
(qui sont très belles d’ailleurs !) On se demande pourquoi elles ont
confié la rédaction de ces pages spécialement consacrées aux femmes, à
un des rares travailleurs masculins de la revue, mais celui qui est
chargé de ce travail préfère prudemment abréger. Car il est entouré de
ces femmes turques très décidées à se défendre, à se libérer comme si
ce n'était pas déjà fait, et surtout à défendre cette prétendue égalité
homme-femme comme si les hommes pouvaient vraiment, un jour, arriver à
ce très haut niveau de beauté et d'intelligence réservé naturellement
et divinement aux femmes.) Ouf…
Les amis de la musique classique connaissent
bien Leyla Pýnar à qui on doit beaucoup d’activités artistiques en
Belgique, où elle vit. Notamment, une série de concerts appelée “Femmes
au Clavier”. Elle a étudié à Istanbul, au
conservatoire, la composition, le violon, le piano et le cor. Après
avoir obtenu son diplôme, elle s'est rendue en Italie pour suivre des
cours. Elle a ensuite été élève de l' École Normale de Musique de
Paris, où elle a obtenu le diplôme supérieur de concertiste. A
Poitiers, elle obtient le premier prix de piano et de clavecin.
C'est à Poitiers que Leyla Pýnar décide
d'abandonner le piano pour se consacrer au clavecin, et elle rejoint la
classe du célèbre claveciniste Antoine Geoffrey
Dechaume. En Turquie, elle devient professeur à
l'université Mimar Sinan d' Istanbul, où elle tient la chaire d'
Histoire de la musique, et la chaire de composition. Elle crée
également un trio instrumental spécialisé dans la musique
baroque. Elle poursuit son perfectionnement,
sous les directives de clavecinistes émérites tels que Raphaël Puyana,
Jean-Patrice Brosse, Kenneth Gilbert et étudie trois années durant avec
Robert Kohen. Elle a donné de nombreux concerts et récitals en Europe,
et dans son pays natal avec l'Orchestre Symphonique d' Istanbul et
l'Orchestre de Chambre.