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Joëlle Milquet      Ik verlang naar een multiculturele samenleving waar iedereen op dezelfde manier behandeld wordt, zonder discriminatie, maar ook zonder assimilatie. Ik respecteer de verschillen zeer daarbij bedenkend dat men mensen niet in gemeenschapsgetto's mag opsluiten. De interculturele uitdaging is nog niet helemaal geslaagd. Er zijn problemen op het gebied van onderwijs, toegang tot de arbeidsmarkt, sociale steun.     De bijdrage van de Turkse gemeenschap is fundamenteel. Dat is een rijkdom. Wij willen ook onze openheid en wil tot integratie aanbrengen. Het gaat om een fundamenteel project vergeleken met ons humanistisch project waar men iedereen tracht te verenigen wat ook hun godsdienst, sociale klasse, nationaliteit is…     De Turkse gemeenschap is goed gestructureerd, erg gerespecteerd, redelijk georganiseerd. Ik vind dat ze een voorbeeld kan zijn voor de anderen. In deze gemeenschap bestaat er echt een notie van zelfrespect en respect naar anderen toe, van vreedzaam samenleven. Ze respecteert normen en overheden.     Wanneer men van integratie spreekt, van immigratie, denkt men dikwijls aan de Turken. De Turkse gemeenschap heeft een snelle en evenwichtige integratie-capaciteit, zonder haar oorsprong en cultuur te verwaarlozen. Zij heeft een zekere discretie gehad en ze komt binnen in het landschap van dit land en het burgerlijk leven zonder dat de mensen zich er van vergewissen. De Turkse gemeenschap heeft een goed evenwicht weten te vinden tussen wat ze wou behouden, wat haar rijkdom is en haar manier van zich aanpassen. Dit gedragsmodel ging assimilatie uit de weg maar ook het terugplooien op zich. Deze 40 jaar aanwezigheid, zijn onze rijkdom.      “J'ai envie d'une société multiculturelle où tout le monde est traité de la même manière, sans discrimination, mais sans assimilation non plus. Je suis très respectueuse des différences tout en considérant qu'on ne doit pas enfermer les gens dans des ghettos communautaires. Le défi d'inter- culturalité n'est pas encore tout à fait réussi. Il y a des problèmes au niveau de l'éducation, de l'accès à l'embauche, du soutien aux familles.      L'apport de la communauté turque est fondamental. C'est une richesse. Nous voulons aussi apporter notre ouverture et notre volonté d'insertion. C'est un projet fondamental par rapport à notre projet humaniste où on essaie de rassembler tout le monde quelles que soient la religion, la classe sociale, l'origine nationale…     La communauté turque est bien structurée, très respectueuse, assez organisée. Je trouve qu'elle a des modèles à donner à d'autres. Dans cette communauté, il y a vraiment une notion de respect de soi et des autres, de vie pacifique en collecti-vité. Elle est respectueuse des normes et des autorités. Quand on parle d'intégration, d'immigration, on ne pense pas beaucoup aux Turcs. La communauté turque a eu une capacité d'insertion rapide et équilibrée, sans nier ses origines et sa culture. Elle a eu une discrétion et elle est rentrée dans le paysage du pays et de la vie citoyenne sans que les gens ne s’en rendent vraiment compte. La communauté turque a pu trouver le juste équilibre entre ce qu'elle devait garder d'elle qui est toute sa richesse et de la manière de s'adapter. C'est un modèle de comportement où vous avez totalement évité l'assimilation mais aussi le replis trop identitaire. Ces 40 années de présence, c'est notre richesse.” Deniz Baykal      “L'émigration des Turcs d'Anatolie motivée par des considérations économiques est un fait sans précédent dans notre histoire. Nous avons toujours été à la fois une terre d'accueil pour l'immigration et un peuple migrant mais l'émigration se faisait traditionnellement pour des causes telles que la guerre, l'invasion ou la modification des conditions géographiques. La pratique de quitter sa terre d'origine pour s'établir à l'étranger afin de s'assurer un meilleur mode de vie était inconnue. Cette pratique s'observait chez les Italiens, dans leur émigration aux Etats-Unis, où chez les Grecs et les Irlandais à travers l'Europe...mais pas en Turquie. Pour la première fois, dans les années 1960, des Turcs quittèrent leur Anatolie natale pour rejoindre l'Europe, dans le but de fournir la perspective d'un avenir meilleur à leurs enfants et d'atteindre un niveau de vie plus élévé. De par sa spécificité, il s'agissait là d'un phénomène unique et enthousiasmant...     Les émigrants turc intégrèrent une société caractérisée par une religion, une langue et une culture différentes. Ce n'était donc en rien une entreprise facile; elle nécessitait au contraire une grande dose de courage. Le fait qu'ils décidèrent spontanément de rejoindre une contrée différente des points de vue économique, religieux, linguistique et culturel, dont ils ignoraient jusque la location géographique exacte témoigne de l'ampleur du pas accompli. L'émigration est par sa nature une entreprise enthousiasmante, elle symbolise un nouveau départ, elle ravive les espoirs.       Il n'existe actuellement aucun livre qui relate l'expérience de ces émigrants. Or ils ont vécu tant de choses!...Pensez-y, ils quittèrent l'Anatolie en y laissant leur femme, leur terre et leur famille. Les enfants furent désormais élevés dans un monde différent. Les valeurs, les repères et les traditions différaient...C'est une entreprise exceptionnelle, digne des récits héroïques. Deux ou trois générations ont ainsi mené un combat considérable dans l'espoir de s'assurer une vie et un avenir meilleurs quitte à endurer de grandes peines. J'éprouve un grand respect à leur égard....     Au-delà se s'assurer à eux-mêmes et à leurs proches un avenir meilleur, ils ont ouvert de nouveaux horizons à la Turquie. Ils ont contribué à internationaliser le pays. Nous avons une reconnaissance profonde pour ces gens qui ont débuté l'émigration il y a de cela quarante ans. Je ressens ceci tant en tant que citoyen turc qu'en ma qualité de politicien. Les émigrants turcs n'ont pas été reconnus à leur juste valeur, ils ont subi de grandes souffrances  mais elles n'ont pas été vaines. Ils ont contribué à de grands changements. Ceux qui sont venus il y a quarante ans pour travailler en Europe dans des mines de charbon et d'acier où nul ne voulait s'aventurer sont des compatriotes qui ont contribué à écrire notre Histoire. Ýls sont ceux qui ont fourni de nouvelles perspectives, de nouveaux horizons à notre nation. Nous nous devons de payer la dette que nous avons à leur égard.” Laurette Onkelinx      “La communauté turque a une forte volonté d'intégration. Les Turcs, tout en étant très attachés à leur culture, leur racine et leur histoire, ont la volonté de devenir compatriotes de Belgique. La culture et la civilisation qu'ils ramènent avec eux est, pour nous, une richesse. La communauté turque n'a jamais créé de problèmes en Belgique contrairement à certaines autres. Les Turcs et la Turquie ont beaucoup à offrir à l'Europe. C'est la raison pour laquelle, je pense qu'il ne faut pas s'opposer à ce que la Turquie devienne membre de l'UE. La Turquie a beaucoup d'atouts.     Mon message aux Turcs de Belgique et particulièrement aux femmes est clair : Suivez le chemin d'Atatürk. Soyez fiers de vos racines et de votre culture. Participez activement à la vie sociale et défendez l'égalité des chances.”